Shaïn Sinaria Chronique d’un malheur annoncé Хроника одного несчастья Traduit du russe par Shirin Melikoff-Sayar
Genre : Roman
252 pages
Prix : 20 €
ISBN: 978-2-911686-48-1
Extrait : L’Énigme du Sphinx Au terme d’une longue attente, l’année 1980 fut pour tout le peuple soviétique source de fierté. La toute-puissante U.R.S.S. tendait les bras aux sportifs du monde entier. Au plus fort de la guerre froide, le pays des Soviets accueillait les jeux Olympiques.
L’âme frémissante, les hommes du pays suivaient les préparatifs de cette grande fête du sport. Discussions, pronostics, supputations et paris allaient bon train, quels que fussent la discipline, l’équipe ou le champion.
Les femmes du pays n’étaient pas moins excitées : à l’approche des Olympiades, boutiques et magasins se trouvaient bien mieux achalandés. On vit apparaître sur les étals des produits et marchandises tout à fait introuvables jusque-là.
Avec quelque anticipation, je dois souligner que 1980 fut une année de fête et de liesse, mais aussi de tristesse et de chagrin : ce fut l’année de la mort de Vladimir Vissotski, un des plus grands bardes du pays, aimé de tous. À peu près à la même période, en France, disparaissait Joe Dassin, chanteur non moins aimé par les jeunes Soviétiques.
Chaque année charrie sans doute son lot de joies et de peines. Pourtant, l’année 1980 fut si riche qu’elle me reste en mémoire comme l’année des plus grands bonheurs et malheurs de ma vie. Pour ceux qui étaient nés en 1962, c’était l’année de leur jeunesse : ils avaient dix-huit ans, le plus bel âge pour un homo sovieticus. Moi, Victor Fedorovitch Voronin, ou tout simplement Vitia, j’étais de ceux-là. Donc, le 25 avril 1980, j’eus dix-huit ans ; et deux mois plus tard, le 28 juin à douze heures précises retentit la « dernière sonnerie » de ma vie d’écolier. Pour la première fois, le directeur qui nous avait rassemblés dans le « salon rouge », arborait un sourire, il nous serra la main et nous appela par notre nom avant de nous remettre notre diplôme de fin d’études secondaires.
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ЗАГАДКА СФИНКСА
1980 год, для всех советских людей, был долгожданным предметом гордости. Могучая советская держава, открыла свои объятия для спортсменов со всего мира. В самом разгаре холодной войны, страна советов, проводила олимпийские игры.
Мужская половина страны, с трепетом в душе, следила за подготовкой Великого спортивного праздника. Уже начались споры, загадки, предположения, пари по разным видам спорта, делали ставки на команды и по отдельным спортсменам.
Женская половина страны, радовалась не меньше чем мужская, поскольку наряду с подготовкой к олимпиаде, в магазинах и универмагах ассортимент товаров стал больше чем раньше. На прилавках магазинов появились товары и продукты, которых раньше, невозможно было найти.
Забегая вперед, хочу заметить что, 1980 год, был не только годом праздника и веселья, а для некоторых еще и годом печали. Так как в этом же году, умер Владимир Высоцкий, один из известных бардов страны, любимец многих советских людей. Примерно в это же время, во Франции, скончался Джо Дассен – не менее любимый певец советской молодежи.
Конечно, в каждом году есть свои печали и радости, но в этом году, их было настолько много, что, именно 1980 год, навсегда остался в моей памяти, годом самых больших удач и неудач в моей жизни. Для тех, кто родился в 1962 году, этот год, был еще годом молодости. Ибо им стукнуло 18 лет – самый прекрасный возраст простого советского человека.
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Shaïn Sinaria est né en Azerbaïdjan en 1965. Il a traduit les œuvres de Schopenhauer, Nietzsche, Fromm, Freud et Berdiaev. Également comédien, il obtient le rôle principal dans trois films et joue sur scène entre autres dans les pièces de Molière, Shakespeare et Tchekhov. Les nouvelles et les romans qu’il écrit sont censurés par la presse soviétique. Il entre ensuite à l’Académie du cinéma de Moscou et de Tbilissi, où il passe à la réalisation et à l’écriture de scénarii. En 1993, il tourne, d’après son scénario, un long-métrage à Saint-Pétersbourg : La Terre promise. Interdit dans les salles, ce film sera montré dans une dizaine de festivals du monde entier et obtiendra plusieurs prix. En 1995, il s’installe en France et collabore avec les théâtres expérimentaux. Il a publié en édition bilingue Chronique d’un malheur annoncé (meet, 2008).