La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire accueille en France des écrivains et des traducteurs du monde entier


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Le blog de la meet

LES PARUTIONS DE MARS
CATALOGUE EDITIONS VERDIER
Diffusion CDE / Distributuion Sodis

 




Pour Lowry
Édition bilingue
Collectif
Collection Les Rencontres de Fontevraud - meet dirigée par Patrick Deville

Après les Rencontres de Fontevraud dédiées en mai 2008 à l’œuvre de Antonio Tabucchi, la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire a consacré la deuxième édition de ce colloque littéraire à Malcolm Lowry, les 26 et 27 juin 2009. Cette manifestation annuelle a été organisée dans l’abbaye de Fontevraud en collaboration avec le Centre Culturel de l’Ouest et avec le soutien de la Maison des Écrivains et de la Littérature.
À l’occasion du centenaire de la naissance du mythique auteur de Sous le volcan, la meet rassemble les traducteurs de ses œuvres, des critiques littéraires internationaux, des écrivains français et étrangers pour une série de tables rondes, des créations artistiques, mais également des moments de rencontre et d’échange entre les invités et le public.
Ces rencontres donnent lieu à la publication d’une monographie, en édition bilingue, rassemblant
les communications, les actes des rencontres. Ce second ouvrage est publié dans la collection Les Rencontres de Fontevraud créée par les éditions de la meet.
Avec la participation de Salim Bachi, Peter Bergsma, Arno Bertina, Jean-Marie Blas de Roblès, Nicole Caligaris, Jacques Darras, Patrick Deville, Mathias Enard, Rodrigo Fresan, Anne-Marie Garat, Frédéric-Yves Jeannet, Pierre Mertens, Pierre Michon, Miguel Motta, Maurice Nadeau, Philippe Ollé-Laprune, Olivier Rolin, Jacques Roman, Caroline Sagot Duvauroux, Tiphaine Samoyault, Pierre Schaeffer, Pacôme Thiellement, François Turner, Juan Villoro.

Mise en vente le 25 mars 2010
Prix :  20 €
Pages : 312
ISBN : 978-2-911686-66-5

 

 

Les voisins
Tahsin Yücel
Traduit du trurc par Timour Muhidine

Ces trois textes rendent au mieux les qualités de conteur de Tahsin Yücel, un prosateur turc qui ne cesse de voguer entre dérision, cruauté et mélancolie…
« Les Voisins », considérée comme l’une des meilleures nouvelles turques des vingt dernières années, présente la prise de conscience, au soir de sa vie, d’un officier célibataire qui s’est toujours placé en retrait de l’existence. La vie conjugale, cette étrange « vie réelle », lui est révélée à travers l’observation d’un couple de voisins côtoyé pendant un séjour balnéaire…

Extrait :
Les voisins

Vers le milieu du mois de juillet de l’an dernier, le colonel Atmadja, après avoir dîné d’un plat de poisson et avalé un double raki dans un petit restaurant de ce village balnéaire où il venait pour la première fois, regagna l’appartement avec terrasse qu’il avait loué le matin même, gravit lentement les escaliers qui menaient à sa chambre mais ne ressentit aucune envie de lire une revue ou un livre, d’écouter la radio ni de regarder la télévision, il désirait seulement s’asseoir sur le balcon et, comme il en avait l’habitude chaque soir, fumer la quatrième et dernière cigarette de la journée, accompagnée d’un bon raki. Juste au moment où il allait s’asseoir, il découvrit sur un autre balcon situé à droite, peut-être un mètre cinquante en contrebas, à la lumière d’une lanterne en verre dépoli située au-dessus de la porte vitrée qui donnait sur une petite chambre, quatre personnes assises autour d’une table sans parler, sans broncher et presque sans respirer : un homme, une femme, une petite fille et un garçonnet. Soudain, comme s’il avait entendu une superbe mélodie ou contemplé un tableau magnifique, il sentit quelque chose vibrer très profondément en lui et ses yeux s’emplir de larmes. « Que se passe-t-il ? Que m’arrive-t-il ? », songea-t-il. Il chercha une raison à cette sensiblerie dont il n’était pas coutumier : on aurait pu en trouver l’explication dans le fait qu’après un trajet d’une nuit en autocar, il ait passé la journée assis tout seul sur la plage, nagé tout seul, pris son repas tout seul dans un restaurant où tout le monde riait et plaisantait, ou alors dans le fait qu’il se retrouvât, après une telle journée, confronté à la vision d’une famille paisible, cela aurait pu aussi provenir du visage de la femme qui dégageait une impression de beauté inaccessible, ses mains, ses bras et l’ensemble de son corps à l’aspect étonnamment gracile autant que la faible lueur de la lampe le laissait deviner, ou encore les cheveux blonds et frisés des enfants, mais en tout cas il était évident que cette émotion inattendue avait projeté une ombre puissante sur le mode de vie qu’il avait privilégié jusqu’à ce jour. Le Colonel Atmadja voyait bien qu’un mètre et demi plus bas, on niait la vie qu’il avait choisie en toute conscience et menée avec inertie jusqu’à ce jour et ignorait s’il devait se prendre pour celui qui était nié ou celui qui niait. Il eut un brusque mouvement de recul comme si la vision ou la pensée lui répugnait, détourna la tête et dirigea son regard vers les étoiles.
Au même moment, une voix résonna dans la nuit : « Oh là là ! »


Komşular


Albay Atmaca, geçen yıl, temmuz ortalarında, ilk kez gel-diği bir kıyı köyünde, küçük bir lokantada balığını yiyip iki duble rakısını içtikten sonra, daha o sabah kiraladığı çatı katına döndü, merdivenlerden ağır ağır odasına çıktı, o anda, ne dergi, ne kitap, ne radyo, ne televizyon, hiçbir şey kendisini çekmediğinden, biraz balkonda oturmak ve her gece yaptığı gibi, bir tek rakı eşliğinde, günün dördüncü ve son sigarasını tüttürmek istedi. Tam oturmak üzereyken, sağ yanında, bilemedin bir buçuk metre aşağıda, bir başka balkonda, küçük bir odaya açılan camlı kapının yukarısındaki buzlu lambadan vuran ışığın altında, bir sofranın çevresinde, konuşmadan, kımıldamadan, neredeyse soluk bile almadan oturan dört kişi: bir adam, bir kadın, bir küçük kız ve bir küçük oğlan gördü; birdenbire, çok güzel bir ezgi dinlemiş ya da çok güzel bir resim görmüş gibi, içinde bir yerlerin derinden derine titrediğini, gözlerinin yaşardığını duydu. “Ne oluyor? Bana ne oluyor?” diye geçirdi içinden. Pek de alışık olmadığı bu beklenmedik içliliğe bir neden aradı: bütün gece süren bir otobüs yolculuğunun ardın-dan, gün boyunca tek başına deniz kıyısında oturup tek başına yüzmenin, herkesin gülüp şakalaştığı bir lokantada, tek başına yemek yemenin etkisi bulunabilirdi bunda, böyle bir günden sonra, böylesine dingin bir aile görüntüsüyle karşılaşmanın da, balkonun zayıf ışığında belli olduğu kadarıyla, kadının uzaksıl bir güzellik izlenimi veren yüzünün, şaşılacak ölçüde ince görünen ellerinin, kollarının ve bedeninin, çocukların sarı ve kıvır-cık saçlarının da bir etkisi olabilirdi, ama, ne olursa olsun, bu beklenmedik içlenmenin o güne dek benimsediği yaşam biçimine koyu bir gölge düşürdüğü kesindi: Albay Atmaca, bir buçuk metre aşağısında, bilinçle seçtiği ve bugüne dek dinginlikle sürdürdüğü yaşamın yadsındığını görüyor, yadsınanı mı, yoksa yadsıyanı mı tutmak gerekirdi, bilemiyordu. Gördüğünden ya da düşündüğünden ürkmüş gibi irkildi birden, başını çevirdi, gözlerini yıldızlara dikti.
Aynı anda, “Ohaa!” diye bir ses çınladı gecede.



Le lecteur idéal

L’idée de ce recueil, et des rencontres littéraires « meeting » de Saint-Nazaire, organisées par La Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs est de permettre à des écrivains de langues et de cultures diverses, maniant des genres littéraires différents, de décrire cet étrange compagnon qui, parfois, dans la solitude de leur cabinet, vient se poser sur une épaule. Ou piétine leur clavier. Parfois met chapeau bas devant une phrase réussie. Parfois ricane sur l’un des rayonnages de la bibliothèque. Et parfois peut-être vient troubler leur sommeil.

Écrivains publiés dans ce numéro 1 :
Maïssa Bey, José manuel Fajardo, Alberto Manguel, Bachir Mefti, Pierre Michon, Leonardo Padura, Karla Suárez 


Numéros précédents (disponibles)
meeting n°1 – Le Lecteur idéal
meeting N°2 – Les Bonheurs de Babel 
meeting n°3 - L’invention du Livre
meeting n°4 - Lectures lointaines
meeting n°5 - Avoir Vingt ans
meeting n°6 - L’Histoire ou la Géographie
meeting n°7 - Se donner un genre

Mise en vente le 25 mars 2010

Prix : 10 euros
Pages : 96
ISBN : 978-2-911686-26-9











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© Meet 2005
Réalisation : Philippe Menestret
Illustrations : Olivier Matouk